Commerce : Deltagro Export, leader du marché français du maigre

Dans le cadre verdoyant du château de Salles à Vézac, Olivier Voisin et Jean-Pierre Chateau ont accueilli l’assemblée générale de Deltagro, ici aux côtés de Bernard Pouillon, Jean-Claude Prieur et Benoît Albinet. Dans le cadre verdoyant du château de Salles à Vézac, Olivier Voisin et Jean-Pierre Chateau ont accueilli l’assemblée générale de Deltagro, ici aux côtés de Bernard Pouillon, Jean-Claude Prieur et Benoît Albinet. L'union du Cantal

Avec 205 000 têtes exportées en 2016, Deltagro Export confirme son statut de leader sur le maigre tout en restant vigilant sur un marché volatile.

Créé il y a 15 ans par le groupe coopératif Sicarev, Deltagro - rebaptisé en 2014 Deltagro Export -, que l’union de coopératives cantaliennes Altitude a rejoint en 2012, a confirmé l’an dernier son statut de premier exportateur français d’animaux maigres en s’octroyant 16 % du marché avec 205 000 têtes exportées dont 175 000 broutards, 30 000 veaux naissants et sevrés et 2 000 reproducteurs. Soit une progression en volumes de 2,4 % dans une conjoncture pourtant chahutée pour les marchés vers les pays tiers. Accueillis par Altitude et réunis la semaine dernière au château de Salles à Vézac pour leur assemblée annuelle, Bernard Pouillon, président du directoire de Deltagro Export et directeur général de Sicarev, et Jean-Claude Prieur, président du conseil de surveillance et vice-président de Cialyn, entourés de Benoît Albinet, directeur commercial, n’ont pas manqué de souligner que contrairement à ses principaux concurrents et challengers, les capitaux de Deltagro Export sont détenus exclusivement par des coopératives hexagonales qui ont fait le choix de se doter d’une filiale commune pour l’export.

Une gamme complète et diversifiée
“Notre logique n’a pas été de grossir pour grossir mais de s’associer pour avoir une gamme complète, des lots homogènes, afin de répondre à la demande de nos clients, expose Bernard Pouillon. Cette massification de l’offre nous permet aujourd’hui, avec la diversité des bassins de production de nos coopératives, d’être réactifs pour réunir 3-4 000 broutards pour faire un bateau.” Et “on est dans une logique aval des exploitations. Nous, on a l’obligation d’acheter et valoriser la production de nos adhérents”, complète Jean-Pierre Chateau. Le tout en assurant le bon recouvrement de ces mises en marché.
Avec ses sept groupements implantés dans autant de bassins de production allaitants (charolais, limousin, aubrac et salers, gascon et blonde d’Aquitaine) et 15 centres d’allotement, Deltagro Export peut se prévaloir d’une sérieuse carte de visite, enrichie de noir et blanc (holstein), de veaux sevrés, reproducteurs… Une carte dopée, au-delà du produit, par une garantie de services : “On ne se contente pas de vendre des animaux, une race, un poids. Notre vraie force, notamment auprès de nos 700 clients italiens, qui constituent 80 % de nos débouchés, c’est la qualité de la relation clients et le service apporté dans un marché assez volatile”, fait valoir Jean-Claude Prieur, qui met aussi en avant la régularité des apports, 52 semaines sur 52, permise par la complémentarité des coopératives.
Un savoir-faire et des services appréciés des Transalpins tout comme des autres partenaires commerciaux : Espagne (10 % de l’activité) et pays tiers du pourtour méditerranéen, “avec lesquels on commerce depuis 15 ans déjà”, tient à souligner Benoît Albinet. Ajoutant que Deltagro “a fait partie des gens qui ont poussé pour que le marché israélien ouvre”.

Le sanitaire bouche les perspectives
Néanmoins, même si les premiersmois de 2017 sont sur un trend haussier : + 7,9 % sur le maigre (+ 5,4 % toutes activités confondues), Deltagro relève deux obstacles au développement de l’export français : les freins sanitaires toujours bien présents dans le prolongement de la FCO. “Il faut qu’au-delà d’une volonté affichée, les pouvoirs publics passent à l’action et nous aident réellement à positionner les produits français vers ces marchés, dont la Turquie”, plaide Bernard Pouillon. La structure de son côté estime aussi avoir des marges de progression : “Nos produits sont bons génétiquement, mais on a encore une marge de progression. On travaille à l’adaptation de notre offre aux besoins des clients : avec un tri le plus efficace possible, via la mise en place de quarantaines, la préparation sanitaire qu’on développe de plus en plus. On a toujours été précurseurs, comme avec le non OGM, et on veut continuer à l’être, on se positionne ainsi aujourd’hui sur la sans corne”, insistent les responsables de cet outil collectif. Pourtant, chez Deltagro, on reste prudents : “Si le marché italien semble s’être stabilisé depuis deux, trois ans, sur les pays tiers, c’est toujours l’incertitude : on vient de faire partir 1 100 têtes pour le Sénégal, mais 1 000 autres prêtes à partir pour l’Algérie sont restées à quai...” Autres inquiétudes : une perte de compétitivité des élevages tricolores face à des pays, Espagne en tête, jugés “beaucoup plus performants grâce à des conditions d’élevages bien plus favorables”. “En viande sur pied, l’Espagne est le premier exportateur, on n’est pas du tout placés. Le pire, c’est qu’on envoie des veaux se faire engraisser en Espagne qui les exporte ensuite en Italie en carcasse...”


P. Olivieri

Plus d'infos à lire cette semaine dans L'union du Cantal. Droits de reproduction et de diffusion réservés.
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